Les parcs naturels du Queyras, de la Vanoise et du Mercantour proposent trois des itinéraires de haute montagne les plus sauvages accessibles depuis la France métropolitaine. Ces massifs partagent un caractère commun : une fréquentation nettement inférieure à celle du Mont-Blanc ou des Écrins, une biodiversité préservée et remarquable (bouquetins, lagopèdes alpins, gypaètes barbus réintroduits) et des infrastructures de refuges gardés de qualité permettant de randonner itinérant plusieurs jours sans avoir à transporter une tente lourde à chaque étape. La saison optimale court de fin juin à mi-septembre, avec des passages de col encore enneigés jusqu’en juillet certaines années selon les conditions d’enneigement de l’hiver précédent et l’exposition des versants nord.
GR54, GR5 et Tour du Queyras : trois tracés pour trois niveaux d’engagement physique
Le GR54, surnommé «Tour de l’Oisans et des Écrins», est un circuit de 180 km pour environ 12 000 m de dénivelé positif total, soit un effort de 10 à 12 jours pour un marcheur en bonne condition physique qui pratique régulièrement. Il débute et se termine à Bourg-d’Oisans (Isère) et traverse des cols dépassant souvent les 2 500 m d’altitude avec des sections aériennes sur terrain rocheux. Le GR5, axe nord-sud traversant les Alpes de Chamonix à Nice, passe par la Vanoise sur sa section la plus préservée entre Modane et Bessans : ce tronçon de 70 km peut se réaliser en 5 à 6 jours avec hébergement en refuges gardés réservés en avance. Le Tour du Queyras (160 km, 9 000 m D+) reste le circuit le plus accessible des trois, avec des refuges espacés de 15 à 20 km en moyenne et un relief légèrement moins exigeant que les Écrins pour les familles avec adolescents sportifs.
La Fédération Française de la Randonnée Pédestre édite les topoguides officiels de ces trois itinéraires avec les cartes IGN intégrées au 1:25 000 et les informations détaillées sur les refuges gardés. La réservation en ligne est obligatoire depuis 2022 pour la grande majorité des nuitées en haute montagne car les places sont limitées et les refuges affichent complet dès avril pour les week-ends de juillet et août. Le bivouac est réglementé dans ces parcs nationaux : il est toléré à plus d’1 heure de marche des routes et des villages, à condition de s’installer après 19h et de lever le camp avant 9h du matin sans laisser de trace. Certaines zones sensibles du Mercantour, notamment la réserve intégrale de la Vallée des Merveilles qui abrite des gravures rupestres de l’âge du bronze, interdisent totalement le bivouac pour préserver ce patrimoine archéologique unique en Europe.
Budget journalier, équipement minimal et organisation pratique d’un séjour itinérant
Le budget journalier en refuges gardés oscille entre 55€ et 75€ par personne selon les massifs (formule demi-pension incluant nuit en dortoir, petit-déjeuner et dîner chaud). En bivouac avec alimentation lyophilisée, ce coût tombe à 8-15€ par jour selon les marques choisies. L’équipement minimal pour 7 jours comprend un sac à dos de 45 à 55 litres, des chaussures mi-hautes à semelle Vibram rodées au moins 3 semaines avant le départ, un vêtement de pluie imperméable et respirant (Gore-Tex ou membrane 3 couches équivalente), deux couches intermédiaires en laine mérinos ou duvet léger, et une trousse de soins avec impérativement de la crème solaire indice 50 pour les zones exposées en haute altitude. Pour préparer son équipement sans oubli coûteux, le guide pratique sur comment choisir le bon équipement de voyage propose une checklist adaptable à l’itinérance alpine. Les adhérents du Club Alpin Français bénéficient de 5 à 8€ de réduction par nuitée dans les refuges CAF, soit une économie de 50 à 80€ sur un circuit de 10 jours : la cotisation annuelle de 35€ est rentabilisée dès la première sortie.
